Contre le gouvernement, les universités mobilisées mardi 13 octobre

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Alors que la situation, en cette rentrée, est catastrophique dans les universités, et que les conditions de recherche dans les labos se détériorent, la ministre Frédérique Vidal profite de ce choc pour faire passer son projet de loi de programmation de la recherche (LPR).

Tandis que ce projet de loi de destruction de la recherche publique a été voté par l’Assemblée et qu’il doit passer par le Sénat durant la seconde moitié du mois d’octobre, le manque de moyens dans les universités se fait de plus en plus criant à mesure que la crise sanitaire s’accentue. Cela fait en partie disparaitre la LPR des discussions pour laisser plus de place aux discussions sur le « démerdentiel » auquel doivent se livrer les universitaires, au vu de l’abandon de Vidal concernant les conditions de travail et d’études.

Un projet massivement rejeté

Tout le monde se rend bien compte que le gouvernement – qui n’a rien fait pour les personnels de l’université (BIATSS, enseignantEs et/ou chercheurEs) fait passer en force une loi qui va les précariser encore davantage et ouvrir encore un peu plus la porte à la privatisation (notamment avec la généralisation des appels à projets se substituant aux crédits récurrents des laboratoires). Si, pour le moment, la combativité des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) n’est pas encore au rendez-vous (l’effet de sidération dû à la crise sanitaire fait son œuvre), ce projet de loi reste toujours majoritairement rejeté par l’ensemble de la communauté universitaire. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) en a rajouté une couche le 22 septembre, dans un avis critiquant le projet du gouvernement [1]. Mais il apparait que le gouvernement et les députés à sa botte n’écoutent rien ni personne. Face à ce mépris, les personnels les l’ESR continuent donc de se mobiliser, comme l’a montré la relative réussite du rassemblement devant l’Assemblée nationale le 21 septembre.

Défendre le service public

Le projet de casse du statut de fonctionnaire dans l’ESR est le même que celui prévu dans le reste de la fonction publique, avec l’utilisation de CDD ou de « CDI de projet » (contrats s’achevant quand le projet est terminé) pour passer outre les postes de titulaires. [2] Il ne pas faut pas oublier, en outre, qu’il est prévu que la majeure partie du financement de cette loi (étalé sur 10 ans, ce qui permet à la ministre d’afficher des chiffres en apparence faramineux, mais purement hypothétiques car tout dépendra des futurs gouvernements !) soit prise sur les économies faites par l’État dans la réforme des retraites. Ce qui nous signale incidemment que cette dernière réforme n’est pas encore enterrée… La LPR est un projet de loi qui rappelle à la communauté universitaire qu’elle n’est pas extérieure au reste du monde du travail, particulièrement dans la fonction publique.

C’est pour toutes ces raisons que l’intersyndicale de l’ESR et le collectif « Facs et labos en luttes » appellent à une journée de mobilisation le mardi 13 octobre. Une journée de mobilisation durant laquelle il est indispensable de lier le combat contre la LPR avec les difficiles conditions de la rentrée. En effet, comment, sans moyens supplémentaires, accueillir toujours plus d’étudiant.e.s ? Comment, sans moyens supplémentaires, organiser des cours censés, en raison de la COVID19, se dérouler à la fois en présentiel (masqué) et en distanciel ? Sans compter que les conditions de vie et surtout de logement des étudiant.e.s se sont passablement dégradées (à cause de l’augmentation du nombre d’étudiant.e.s, de la crise sanitaire, de la spéculation immobilière et de la scandaleuse pénurie de chambres en résidence universitaire)...

À Angers, une AG est appelée à 13h en fac de droit-éco-gestion (site St Serge) par l’intersyndicale CGT-FO-FSU-Solidaires-UNEF et le comité de mobilisation contre la LPR. Les mêmes appellent à un rassemblement devant la préfecture à 17h, avec demande d’audience au préfet (lire le tract d’appel à l’AG et au rassemblement). La situation angevine est d’ailleurs particulièrement dramatique avec un manque hallucinant de personnels, relativement à la moyenne nationale des universités pluridisciplinaires, et des étudiant.e.s qui sont à la rue faute de logement.

Le mardi 13 sera une journée pour défendre le service public de la recherche et de l’enseignement. Cette journée devra en appeler d’autres !

10 octobre, par NPA 49

[1] Lire ici l’avis du CESE

[2] Il est notamment prévu de créer des postes de “professeurs juniors” en CDD qui viendront, de fait, se substituer aux actuels Maîtres de conférences, qui eux sont fonctionnaires...