600 Michelin contre la fermeture de l’usine de Cholet

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Ce sont plus de 600 personnes qui ont participé à la manifestation des Michelin en lutte contre la fermeture brutale et injustifiée de leur usine de Cholet. Toutes les organisations syndicales de l’entreprise (CFDT, CGT, SUD) étaient présentes, ainsi que des délégations des partis politiques de gauche (LFI, NPA, LO, UCL, PS, LE...). Les manifestant·e·s étaient d’autant plus remonté·e·s que les rencontres du matin avec le ministre de l’industrie et les représentants de Michelin n’ont rien donné, sinon de confirmer la complicité et l’effroyable cynisme du gouvernement et du groupe capitaliste.

Des politiciens de droite complices et/ou hors-sol

Le matin même, à la sous-préfecture de Cholet, devant les délégués syndicaux et les élus locaux et régionaux, le ministre Ferracci avait dans un long discours lénifiant déclaré que, le capitalisme ayant ses lois, l’État ne pouvait « rien » (vieux refrain), sinon promouvoir quelques mesures accompagnant une fermeture d’ores et déjà actée. Afin de briller dans les médias, il s’est ensuite pointé devant l’usine. Cette provocation déclencha évidemment quelques huées... De même le député Masséglia, qui a voté toutes les mesures néolibérales et liberticides du macronisme et soutenu le report à 64 ans du droit à la retraite, eut fort à faire face aux salarié·e·s en colère, des plus sceptiques face à ses promesses d’agir, mais un peu tard... Seul le maire de droite extrême Bourdouleix fut un peu laissé tranquille, même si sa conversion miraculeuse à la dénonciation du « capitalisme voyou » (sans doute aiguillonnée dans son ego par le fait qu’il ne fut pas prévenu de la fermeture avant sa révélation par Fabien Roussel sur FR3 dimanche 3 novembre) ne trompe personne.

La direction de Michelin dans le collimateur

De fait, c’était contre le groupe Michelin et son patron, Florent Menegaux, que la colère était principalement dirigée. Le slogan « 50 ans pour nous exploiter, 5 minutes pour nous virer » traduisait bien le ressenti des salarié·e·s face à une direction qui, comble du cynisme,
-  n’hésitait pas le matin même à quémander de nouvelles subventions auprès du ministre afin de payer l’énergie moins cher,
-  argue de la concurrence chinoise alors qu’elle entend seulement transférer la production de Cholet en Italie (Cuneo) et en Pologne (Olsztyn), ce qui ne règle en rien le problème de la concurrence mais permet surtout d’augmenter les marges pour les actionnaires,
-  a, jusqu’au bout, dissimulé ses intentions au personnel (quitte à faire réaliser des travaux de rénovation ici ou là dans l’usine), tout en le préparant insidieusement à l’idée d’une fermeture à terme, soi-disant « inévitable », afin de susciter la résignation le moment venu.

Une manifestation en direction des autres entreprises

La manifestation a parcouru une grand partie de la zone industrielle de Cholet, avec notamment une pause devant Thales. L’appel à la solidarité ouvrière était donc transparent. Une caisse de grève va d’ailleurs être mise en place dans les prochains jours et plusieurs cars vont être mobilisés pour que les salarié·e·s puissent se rendre, aux côtés d’autres salarié·e·s de Michelin, mercredi 13/11 à Clermont-Ferrand pour la réunion du CSE central où les fermetures de Cholet et Vannes sont censées être avalisées.

Une lutte installée aux portes de l’usine

Le patron de l’usine de Cholet et ses cadres continuent à occuper les locaux jusqu’à mardi au moins, date à laquelle les salarié·e·s devraient selon eux reprendre le travail. Nul doute que la grève ne va pas s’éteindre ce jour-là, bien au contraire. Les barnums plantés devant l’entrée, les multiples banderoles, les pneus qui brûlent et dégagent une grosse fumée noire au-dessus de la zone industrielle sont la marque de la détermination des travailleuses et travailleurs. Il faut étendre la solidarité avec leur lutte et faire plier Michelin et le gouvernement : interdiction des licenciements ! maintien des usines de Vannes et Cholet !

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Manifestation à Vannes également !

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Près de 150 personnes, salarié·es et soutiens, se sont rassemblé·es ce vendredi 8 novembre à Vannes devant l’usine Michelin dont la fermeture a été annoncée par la direction pour 2025.

Ce sont 299 salarié·es qui vont se retrouver sans emplois, sans compter les emplois induits.

Après avoir filtré un rond-point et y avoir planté des croix représentants les emplois détruits puis défilé jusqu’à l’usine, les salarié·es mobilisé·es ont accueilli Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, Damien Girard et plusieurs député·es et élu·es (Clémentine Autain, Aurélie Trouvé, Pierre-Yves Cadalen, ainsi que Lucie Castets) venu·es apporter leur soutien. Etaient aussi présentes des délégations syndicales d’entreprise morbihanaise ainsi que des partis politiques (PCF, LFI, Les écologistes, NPA-L’Anticapitaliste...).

Alors qu’une vague de suppression d’emploi est annoncée, menée bien souvent par des entreprises qui font d’énormes profits – et c’est le cas de Michelin – la mobilisation pour empêcher les licenciements et fermeture d’entreprises doit se développer, dans l’unité la plus large.
-  Solidarité avec les salarié·es de Michelin !
-  Interdiction des licenciements !

8 novembre 2024, par NPA 49