Déjouer l’attaque majeure de la droite extrême contre le secteur culturel

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Alors que Christelle Morançais, présidente de la région Pays-de-la-Loire s’enferre dans sa politique ultralibérale brutale de coupes radicales dans les subventions régionales aux secteurs jugés économiquement non nécessaires, dont celui de la culture, la mobilisation en défense de la culture prend de l’ampleur. Une manifestation réunissant 4000 personnes s’est tenue devant l’Hôtel de région de Nantes, lundi 25 novembre ; une pétition initiée par de nombreuses personnalités et plus de 1000 artistes et professionnels de la culture continue d’être massivement signée ; une manifestation est appelée à Angers jeudi 28 novembre à 9h depuis le théâtre Le Quai jusqu’à l’Hôtel de ville.

Transposition appliquée des délires de Javier Milei et Donald Trump, l’annonce par Morançais de coupes budgétaires massives, entre 100 et 150 M€, allant bien au-delà des 40M€ exigés par le gouvernement Barnier est vécue comme une attaque terrible, un véritable drame pour le secteur culturel. Ce sont 73% en moins annoncés pour le secteur de la culture (voir notre brève d’actualité du 19/11/24). Tous les départements sont touchés. Une liste provisoire des institutions (ONPL...) festivals (Folle journée de Nantes, Premiers Plans, Festival d’Anjou, etc.) et autres secteurs (sports, accueil des femmes ayant subi des VSS, etc.) a été établie par la presse régionale [1]. Certains lieux et événements n’ont aucun budget pour 2025 à cause de ces annonces et se demandent s’il y aura de quoi faire une prochaine année. Des dizaines de milliers d’emplois sont menacés.

Lundi 25 novembre au petit matin à Nantes, un rassemblement de près de 4000 personnes s’est tenu devant l’hôtel de région à l’appel de syndicats, partis et associations. Les syndicats CGT, Sud, FO, CFDT étaient venus avec un camion pour les prises de parole, où se sont notamment succédé plusieurs élu·e·s. Mais c’est la massivité de la manifestation qu’il faut surtout retenir. De même la pétition en défense de la culture connaît un départ foudroyant (50.000 signatures en deux jours). Il s’agit maintenant d’amplifier encore plus la mobilisation avant le vote officiel du budget, le week-end du 20 décembre.

Craignant toute contestation, Morançais a annulé plusieurs réunions publiques, dont sa venue jeudi 28 novembre à Juigné-sur-Loire, où elle était attendue de pied ferme. Le SYNAVI, le SYNPTAC-CGT, le SPIAC-CGT, le SFA-CGT, le SaaS, SUD Culture 49, ASSO-Solidaires 49 et la Fédération des arts de la rue propose un nouveau rendez-vous afin d’affirmer l’indignation de la population face aux coupes budgétaires massives et brutales du Conseil régional dans les secteurs du sport, des solidarités, de la culture, de la vie associative et de l’égalité femmes/hommes :
-  Jeudi 28 novembre à 9h sur le parvis du théâtre Le Quai pour des prises de parole et une marche funèbre jusqu’à l’Hôtel de ville. Venir en noir, avec messages et slogans.

Par ailleurs, Une AG d’information organisée par le SYNPTAC et le SPIAC aura lieu jeudi 28 nov à 18h au Quai et une AG intersyndicale et intersectorielle aura lieu mercredi 4 décembre à 18h30 au Théâtre des Dames aux Ponts de Cé.

Relevons aussi que la Ville d’Angers participe à la curée trumpiste contre la culture (cf. Courrier de l’Ouest du 25/11). Et ce n’est pas un hasard puisque le maire Christophe Béchu est membre du même parti que Morançais : Horizons, d’Édouard Philippe [2]. En supprimant lui aussi sa subvention au Festival d’Anjou (théâtre), Béchu poursuit une politique qu’il avait entamée dès son arrivée à la mairie en réduisant drastiquement la contribution - pourtant modeste - de la Ville à Angers-Nantes-Opéra (ANO). Son adjoint à la culture, Nicolas Dufetel, peut bien se déclarer « abasourdi » par l’annonce de la suppression de la subvention régionale au festival Premiers Plans de cinéma, il cautionne lui aussi la politique purement comptable, à courte vue et délétère qu’affectionnent les extrémistes ultralibéraux au pouvoir. Que Dufetel annonce sa démission et cesse de servir de caution à des politiciens incultes serait autrement plus efficace que ses ratiocinations sur la soi-disant invention à venir de « nouveaux modèles ». Car que seraient ces « nouveaux modèles » sans participation financière publique ? Une culture élitiste sans terreau culturel et réservée aux ultra-riches ?

Non à la pseudo-culture marchandisée !

Oui à la culture pour toutes et tous !

Signons la pétition Pays-de-la-Loire : mobilisation des artistes et professionnels de la culture contre les sévères coupes budgétaires envisagées par la Région !

26 novembre 2024, par NPA 49

[1] Liste non exhaustive des structures dont la subvention régionale est drastiquement réduite ou supprimée :

a) Loire-Atlantique
-  Les Escales à Saint-Nazaire.
-  Festival du cinéma espagnol.
-  CIDFF (qui accompagne juridiquement les femmes victimes de violence).
-  La Folle journée.
-  Fédération des acteurs de la solidarité.
-  Festival des Trois continents.
-  Maison de la Poésie.
-  Stereolux.
-  Onyx.
-  Le Cinématographe.

b) Mayenne
-  Le Chainon manquant, festival pour le spectacle vivant de Laval.

c) Maine-et-Loire
-  Festival Premiers plans à Angers.
-  Maison Julien-Gracq à Saint-Florent-le-Vieil.
-  Festival d’Anjou

d) Sarthe
-  Cross Ouest France Pays de la Loire au Mans.

e) Tous départements
-  ONPL (Orchestre national des Pays de la Loire)
-  Missions locales.
-  Planning familial.
-  6 pôles culturels ligériens : Arts visuels Pays de la Loire, Mobilis (livre), pôle de coopération pour la filière musicale en Pays de la Loire, pôle spectacle vivant, pôle patrimoine et la Plateforme (audiovisuel et cinéma)
-  Revue culturelle 303.
-  Théâtre Régional des Pays de la Loire.
-  Dispositif Médicis (réseau qui favorise les résidences d’artistes sur 26 lieux).
-  Union régionale solidarité femmes (URSF, protection et soutien des femmes victimes de violences et leurs enfants).

[2] L’ancien premier ministre de Macron défend une politique encore plus austéritaire que celle du gouvernement Barnier. Il axe évidemment sa campagne sur la « dette publique » dans la perspective des élections présidentielles.