Angers/Palestine : en août, la solidarité ne faiblit pas !

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Samedi 2 août 2025, environ 200 personnes ont répondu à l’appel de l’AFPS et de ses partenaires associatifs, syndicaux et politiques. Outre l’intervention d’un responsable de l’AFPS49 que nous reproduisons ici, un moment très fort a été celui où une jeune étudiante gazaouie a pris la parole pour rapporter le massacre survenu il y a un mois dans le café al-Baqa situé sur le front de mer, café où se retrouvaient beaucoup de jeunes et parmi eux un de ses amis, journaliste et artiste, auquel elle a rendu un vibrant hommage. Un représentant d’Amnesty International a aussi évoqué avec émotion le sort des enfants de Gaza. Rendez-vous pris pour samedi 9 août prochain, même lieu, place du Ralliement à Angers, même heure, 15h. Gaza, Angers est avec toi !

Intervention de l’AFPS49, le 2 août 2025

  Semaine après semaine, nous nous retrouvons toujours plus accablés par la guerre génocidaire menée par Israël à Gaza. Et cela nous affecte, toutes et tous, y compris parfois de façon intime.

Les chiffres ont-ils encore un sens ? Le nombre de victimes, nous l’avons souvent dit, est loin de se limiter à celui annoncé par les autorités sanitaires de l’enclave qui vient de dépasser les 60 000, mais ne comptabilise que les morts identifiés. Il ne prend évidemment pas en compte les personnes ensevelies sous les décombres, sans doute environ 12000, ni les milliers de décès indirects, tous ces malades chroniques désormais à l’abandon du fait de l’effondrement du système de santé.   Aujourd’hui, la crise alimentaire, sciemment déclenchée par Israël est tellement aveuglante, avec une personne sur quatre en sous-nutrition catastrophique, qu’Israël, devant le caractère insoutenable des photos de ces enfants décharnés, a dû annoncer des « pauses tactiques quotidiennes » de 10h du matin à 20h dans trois secteurs de Gaza. Ce qui veut dire tout simplement qu’on frappe davantage la nuit ! Beau progrès.   Une centaine de camions par jour ont été autorisés à entrer depuis dimanche, alors qu’il y en avait 600 par jour avant le 7 octobre. Mais la distribution se fait toujours sous le contrôle de la milice privée américano-israélienne « Gaza Humanitarian Foundation » et continue à donner lieu à des tirs mortels qui ont fait, selon l’ONU, 1376 victimes à la date d’hier.

Ainsi au moins 111 personnes, dont 91 venues chercher de l’aide humanitaire, ont été tuées avant-hier par l’armée israélienne a annoncé le ministère de la santé de la bande de Gaza. Aucune des trois zones prétendument sûres vers lesquelles Israël a poussé la population par la force, n’offre le moindre abri de sécurité. Les frappes s’y succèdent contre les familles qui n’ont pour abri que des tentes de fortune faites de pauvres vêtements et de plastique récupérés.   Il y a une claire volonté d’interdire l’entrée de toute la zone à l’UNRWA comme aux ONG type MSF ou Médecins du Monde, seules en capacité d’intervenir de façon professionnelle, mais qui seraient autant de témoins gênants de l’ampleur du massacre en cours. Cette volonté se traduit par l’interdiction faite depuis le début aux journalistes et correspondants de guerre étrangers de pénétrer dans l’enclave. Interdiction doublée par l’élimination systématique par des snipers des journalistes palestiniens, pour qui arborer un vêtement estampillé PRESS revient à prendre un risque mortel. A ce jour quelque 200 journalistes ont été tués, un bilan qui dépasse celui des journalistes décédés au cours des deux guerres mondiales ou de la guerre du Vietnam.   Quant aux parachutages, auxquels participe désormais la France, ils donnent lieu à des bousculades et mouvements de foule mortels et ne constituent pour Philippe Lazzarini, commissaire général de l’UNRWA, « qu’une distraction et un écran de fumée ».   L’ONU estime qu’au moins 1 million 300 000 personnes ont été contraintes d’abandonner leurs logements inhabitables et pour un tiers d’entre eux entièrement rasés. 92% des logements sont gravement endommagés ou détruits. Il faut ajouter que l’absence de fuel, et donc d’électricité, ne permet plus de faire fonctionner les puits et usines de désalinisation. La population en est réduite à consommer de l’eau polluée présentant un grave danger sanitaire.   En fait, c’est bien un projet d’expulsion d’une population palestinienne réduite et affamée que cherche à mettre en œuvre Israël, même s’il n’est pas facile de trouver des pays pour recevoir les survivants de cette nouvelle Nakba.   Dans ces conditions, redisons-le, la France doit déférer devant la justice ses ressortissants binationaux susceptibles de relever de crimes de guerre, voire de crimes contre l’humanité pour leurs agissements dans l’armée d’occupation dont plusieurs se sont vantés sur les réseaux sociaux.   Alors dira-t-on, il nous faudrait saluer les déclarations du ministre français des Affaires étrangères qui annonce la reconnaissance de l’Etat de Palestine pour septembre prochain lors de l’AG de l’ONU et qui qualifie de « terroriste » l’assassinat d’un militant palestinien de Massafer Yatta. On le voudrait, mais on est obligés de s’interroger.

D’abord pourquoi attendre septembre ? Les déclarations du numéro 1 d’Arabie Saoudite, le sinistre Mohamed Ben Salman, qui intervient en coordination en coordination avec le France sont significatives. Il parle d’injecter des milliards de dollars pour la reconstruction et venir en aide au peuple palestinien, mais il se garde bien d’évoquer les droits politiques et son droit imprescriptible à l’autodétermination. Ce n’est pas de charité dont les Palestiniens ont besoin, mais de justice. Quant à cette reconnaissance, ce n’est pas celle d’un État véritablement souverain, mais d’un État démilitarisé à côté d’un État surarmé, d’un État pour lequel est exclu un fonctionnement démocratique puisque le Hamas n’y serait pas autorisé à se présenter aux élections. Ce qui est quand même un comble pour des pays qui se targuent d’être de grandes démocraties !

Et nous voyons la France se réjouir d’être rejointe par le Royaume-Uni qui lui-même annonce cette future reconnaissance sauf si … cessaient les attaques contre Gaza. Qu’est-ce que c’est que ce genre de marchandage ? Il y a là un véritable mépris du droit international. Et pourquoi n’a-t-on toujours pas cessé de livrer des composants militaires pour l’armée génocidaire ?   Saluons plutôt la prise de position claire d’un Dominique de Villepin qui, en héritier d’une tradition gaulliste salie et piétinée par Retailleau et Wauquiez, appelle à s’opposer au génocide « par des mesures concrètes telles que la suspension immédiate de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, le soutien à la poursuite des responsables israéliens devant la Cour pénale internationale, et l’acheminement de l’aide humanitaire par une intervention armée légitime… »

Le journal « Le Monde » lui-même, dans son éditorial du 25 juillet considérait que « les moyens pour se faire entendre et être enfin pris au sérieux (par Israël) existent. Il s’agit de sanctions, politiques, diplomatiques, économiques ou culturelles. L’expression de ce courage permettrait de rompre enfin avec un « deux poids, deux mesures » devenu intenable ».

Saluons enfin la position impeccable de Francesca Albanese, rapporteure spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens occupés. S’appuyant sur une minutieuse enquête de terrain, elle a clairement établi que nous sommes bien en présence d’un génocide délibérément planifié et organisé et en quoi Israël est passé d’une économie d’occupation à une économie de génocide, pointant 48 entreprises et sociétés qui en tirent profit. Aussitôt sanctionnée par les États-Unis, elle y est jugée indésirable et fait l’objet de menaces physiques. Nous vous invitons à signer la pétition pour que lui soit attribué le Prix Nobel de la Paix. Pétition en passe de recueillir un million de signatures.

Enfin, les amis, face à toutes celles et ceux qui continuent à fermer les yeux et à se boucher les oreilles, nous vous proposons de venir la semaine prochaine avec des casseroles pour tenter de les réveiller !

2 août 2025, par NPA 49