Le 13/12/2025 à Angers : Laïcité et Palestine

Partager

Deux rassemblements se sont tenus à Angers, samedi 13 décembre au cours de l’après-midi. Le premier célébrait les 120 ans de la séparation de l’Église catholique et de l’État ; appelé par le Collectif Vigilance Laïcité, il a réuni un peu plus de 70 personnes devant la préfecture. Le second était le rassemblement hebdomadaire de solidarité avec le peuple palestinien, le 104e depuis le début des bombardements massifs et de la relance de la colonisation de la Cisjordanie par l’État d’Israël ; il a réuni 150 personnes, place Mondain Chanlouineau. Comptes rendus...

===============

Laïcité : Rassemblement du 120e anniversaire

Le Collectif Vigilance Laïcité (FCPE, Collectif des Mauges pour l’école publique, FOL, DDEN, LDH, Libre Pensée 49, CGT éduc, FSU, SE-UNSA, Sud éducation…) entendait célébrer la loi qui a séparé en 1905 l’Église de l’État afin d’aller vers une République laïque autorisant la liberté de conscience. Ses différents intervenants (notamment FOL, FSU, Libre pensée, DDEN...) n’ont pas manqué de souligner à quel point la loi était menacée, minée par la loi Debré de 1959 (ce que traduit le poids de l’Église catholique dans le secteur éducatif et la rupture qu’il induit dans l’égalité des élèves) et la complaisance de l’État français pour les établissements catholiques (et eux seuls !), au détriment des établissements publics. Les scandales de Stanislas ou de Bétharram ne sont que la partie la plus visible des conséquences néfastes de cette complicité et du laissez-faire de l’État français. L’islamophobie grossière de la droite catholique cryptomonarchiste, des Retailleau, Bolloré ou Stérin en est le pendant, surtout quand elle s’appuie sur un concept totalement dévoyé de la laïcité. À l’inverse de ces tristes sires, tous les intervenants ont rappelé que la défense de la laïcité était d’abord celle de la liberté de conscience, et donc le droit d’exercer sa religion, même minoritaire. Et aussi le droit de ne pas en avoir : en guise de clin d’œil, l’orateur de la FOL lut à juste propos le texte génial que Karl Marx écrivit en introduction à la « Critique de la philosophie du droit de Hegel » :

Le fondement de la critique irréligieuse est celui-ci : L’homme fait la religion, ce n’est pas la religion qui fait l’homme. La religion est en réalité la conscience et le sentiment propre de l’homme qui, ou bien ne s’est pas encore trouvé, ou bien s’est déjà reperdu. mais l’homme n’est pas un être abstrait, extérieur au monde réel. L’homme, c’est le monde de l’homme, l’État, la société. Cet État, cette société produisent la religion, une conscience erronée du monde, parce qu’ils constituent eux-mêmes un monde faux. La religion est la théorie générale de ce monde, son compendium encyclopédique, sa logique sous une forme populaire, son point d’honneur spiritualiste, son enthousiasme, sa sanction morale, son complément solennel, sa raison générale de consolation et de justification. C’est la réalisation fantastique de l’essence humaine, parce que l’essence humaine n’a pas de réalité véritable. La lutte contre la religion est donc par ricochet la lutte contre ce monde,dont la religion est l’arôme spirituel.

La détresse religieuse est, pour une part, l’expression de la détresse réelle, et, pour une autre, la protestation contre la détresse réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit des conditions sociales d’où l’esprit est exclu. C’est l’opium du peuple.

===============

Palestine : Compte rendu de l’AFPS49 du rassemblement du 13 décembre 2025 :

Environ 150 personnes ont de nouveau répondu présents à Angers à l’appel de l’AFPS 49 et de ses divers partenaires associatifs, syndicaux et politiques, au nombre de 23, pour exiger d’Israël de mettre fin au nettoyage ethnique, à l’occupation, à la colonisation, et à l’apartheid en Palestine.

L’impunité d’Israël et des colons doit cesser. La terreur imposée en Cisjordanie par ce gouvernement israélien ultranationaliste doit cesser.

Nous avons cependant souligné trois faits réconfortants dans l’actualité :
-  le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand qui a statué, dans son jugement rendu le 13 octobre 2025 suite à la mise en cause d’une militante, que l’antisionisme ne s’identifie pas à l’antisémitisme.
-  Après plus de quinze ans d’un marathon judiciaire, la Chambre criminelle de la Cour de Cassation, dans son arrêt du 4 novembre 2025, vient de confirmer définitivement que l’appel au boycott des produits israéliens dans les supermarchés est parfaitement légal.
-  Suite aux révélations du média d’investigation Disclose, le ministère français des armées a ordonné l’arrêt de toutes les exportations de la société Sermat, qui fabrique du matériel pour des drones utilisé par l’armée d’un pays accusé de génocide à Gaza, vers Israël.

Puis nous avons lu le poème (en fichier joint) d’un étudiant qui vit toujours dans la bande de Gaza, Sobhi Osama Ishnewra, 30 ans, ainsi qu’un poème de Ziad Medoukh [1] responsable de département à l’Institut Culturel Français de Gaza.

« Le Journal de Bord de Gaza » de Rami Abou Jamous [2] a été également évoqué pour souligner la grande humanité qui se dégage de ses chroniques écrites sous les bombardements et malgré les multiples déplacements forcés, sans esprit de vengeance et avec l’espoir que les jeunes générations puissent trouver la voie pour sortir de l’affrontement des mémoires traumatisantes.

Nous avons terminé le rassemblement par de vibrants « Viva, viva, Palestina ! » et l’hymne palestinien « Mawtini (Ma Patrie) ».

Dernier rassemblement pour la Palestine de l’année à Angers, prévu samedi 20 décembre 2025 (105ème manifestation depuis octobre 2023).

14 décembre 2025, par NPA 49

[1] Ziad Medoukh, « Cri d’amour pour Gaza - 50 poèmes de Gaza, de Palestine, pour la vie, l’espoir, la paix et la solidarité, en plein carnage » - paru en juillet 2025 à « La Lucarne des Écrivains »

[2] Rami Abou Jamous « Journal de Bord de Gaza », Prix Bayeux 2024, Orient XXI, Éd. Libertalia