Signe d’une nouvelle étape de la radicalisation de la droite et du centre à l’issue des élections municipales, le chef du parti macroniste Renaissance, Gabriel Attal, n’a pas hésité à déclarer (voir ici son allocution, à 1’40’’) : “il faut très vite que nous nous remettions à parler de la France aux Français”. La “France aux Français” ? L’expression n’est pas anodine car elle valide le slogan fasciste de triste mémoire. Et c’est LFI qu’Attal désigne comme premier ennemi dans son allocution, pas le RN. Déjà pendant la campagne des municipales, Aurore Bergé avait qualifié LFI de parti “anti-France”, expression directement reprise du monarchiste antisémite Charles Maurras. Dans plusieurs interviews, cette ministre avait même appelé le RN à faire barrage à... LFI ! Quant à la formule pétainiste “travail-famille-patrie” défendue par celle qui fut candidate LR-Renaissance à Marseille, Martine Vassal, il est difficile de croire qu’elle venait par hasard. La recomposition du “centre” et de la droite vers l’extrême droite continue…
Une gauche divisée
En face, la gauche apparaît irrémédiablement divisée, avec :
- un PS prêt à toutes les compromissions pour gérer le système, du refus de la censure à celui d’alliance pour faire battre le RN, en passant par le relais des attaques de la droite et de la macronie contre les antifas et LFI ;
- une LFI qui incarne une gauche de rupture et se renforce mais qui est isolée. Le déferlement raciste contre l’élection de Bally Bagayoko (LFI) à la mairie de Saint-Denis, en région parisienne, trahit de surcroît l’ampleur de la banalisation des idées racistes. Cette séquence – qui n’a pas été condamnée par Macron - montre la possibilité d’un basculement du pouvoir vers le fascisme en 2027.
- un parti intitulé “Les Écologistes” incapable de porter le message de l’urgence écologique et – trop occupé à son alliance avec le PS - de l’urgence de sortir d’un système capitaliste écocide et antisocial.
Les attaques contre le monde du travail continuent
Les attaques contre les travailleurs et des travailleuses et la marche à la guerre se poursuivent : aucune mesure contre la hausse des prix, un projet de remise en cause du 1er mai, trois mois de droits au chômage en moins en cas de rupture conventionnelle, laisser-faire aux pollueurs et aux pesticideurs, « correction » du budget 2026 avec une rallonge de 8,5 milliards d’euros pour le budget des armées, hausse du nombre de têtes nucléaires (et secret sur leur nombre), mise en chantier d’un sous-marin et d’un porte-avion nucléaire (19 milliards d’euros de commande en 2025 pour le groupe d’armement Naval Group), complicité avec le génocide à Gaza, participation à la guerre en Iran (drones et Rafales)… Et très prochainement va commencer la discussion du budget 2027.

Dans l’unité, commençons la riposte !
Elle paraît loin, l’unité portée par le NFP, loin, la dynamique unitaire de la mobilisation contre l’allongement de l’âge de départ en retraite de 2023 qui avait empêché la victoire annoncée du RN aux législatives. Mais elle est une nécessité. La grève féministe du 8 mars 2026 pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes et les manifestions antiracistes du 14 mars ont montré qu’il est possible de mobiliser de façon unitaire. La solidarité avec la Flottille pour Gaza qui part le 04 avril, le 1er mai comme rendez-vous antifasciste et antimilitariste, le refus de la marche à la guerre avec la grande manifestation du contre-G7 à Genève le 14 juin sont autant de mobilisations qui sont à construire dans l’unité la plus large.
La riposte contre le fascisme et la militarisation ne doit pas attendre 2027 !
- samedi 9 mai à 15h : Rassemblement angevin hebdomadaire de solidarité avec le peuple palestinien. Place du Ralliement à Angers.
- mardi 19 mai à 20h : « une Constitution citoyenne et populaire », conférence d’Espaces Marx Anjou animée par Jean-Louis Grégoire, à Angers, Maison de quartier des Trois-Mâts, salle Zéphyr.
- samedi 30 mai de 12h à 00h : Fête de l’Huma49, avec débats à 14h30 et 16h et spectacle à 18h. Salle Louis Aragon à Trélazé.
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Olivier Besancenot était l’invité de France Info le 1er mai 2026 pour parler des attaques du gouvernement contre ce jour férié. Il est revenu sur les scandaleuses aides publiques versées à Total malgré ses profits records et dividendes colossaux. La vidéo de l’interview est ICI !
Plusieurs classes d’école primaire sont en danger de fermeture. Prétextant de la baisse démographique, refusant de prendre en considération que les classes sont déjà surchargées, l’État refuse d’entendre les légitimes revendications des enseignants et des parents d’élèves. À l’initiative de ces derniers, plusieurs pétitions sont à signer pour les écoles Condorcet et Jules Verne à Angers, ou pour l’école des Basses Vallées à Cantenay-Épinard. Signons-les !
Un collectif local s’est constitué à Allonnes et entame une course contre la montre contre le projet “Concerto” de plateforme logistique (encore une !) tout juste sorti d’une soi-disant “enquête publique” et désormais entre les mains de la Préfecture. Ce projet de bâtiment de 14 m de haut (l’équivalent de 5 étages) sur 67.000 m² (l’équivalent de 20 terrains de football bétonnés) alors que la plus grande plate-forme en France fait 90 000 m² serait situé à l’entrée du Parc Naturel Régional (PNR) Loire-Anjou-Touraine... Nouvelle entreprise écocide d’artificialisation des sols, nœud routier pour des norias de camions, ce serait une aberration paysagère, écologique, sociologique et économique. Le prétexte de “l’emploi” avancé par les défenseurs du projet cache mal la nature potentielle des susdits emplois : précaires, répétitifs, stressants et mal payés. Le collectif a besoin de toutes et tous et a lancé une pétition en ligne à signer. À diffuser largement. Vite !!!
Des parlementaires macronistes - dont la députée de la 6e circonscription de Maine-et-Loire, N. Dubré-Chirat - tentent un passage en force contre le monde du travail. Ils veulent autoriser le travail salarié le 1er mai dans plusieurs secteurs (avant élargissement et généralisation !), et cela sans même un débat à l’Assemblée nationale. Pour ce faire, ils ont organisé le rejet de leur propre projet de loi en première lecture à l’Assemblée nationale afin de le faire valider par la commission mixte paritaire députés-sénateurs dès mardi 14 avril (avant un dernier vote dans chaque chambre). Soyons nombreuses et nombreux à signer la pétition avant que cette loi ne soit adoptée : Non au passage en force sur le 1er mai !
Le camarade Léon Crémieux du NPA-A a produit une analyse exhaustive des résultats des élections municipales de 2026 en France. Il est possible de lire celle-ci, « France : Municipales 2026, tremplin de la division à gauche », sur Marx21.ch, plateforme politique, éducative et militante dédiée à la diffusion et à la discussion des idées marxistes en Suisse francophone.