Notre santé vaut plus que leurs profits : 3000 à Angers !

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Près de 3000 personnels de santé et salarié.e.s venu.e.s les soutenir (2500 selon l’État français) ont manifesté ce mardi matin entre le CHU d’Angers et la délégation départementale de l’Agence régionale de santé à l’appel de FO, Sud, CFDT et CGT. C’est, après celle du 4 juin, une nouvelle étape de la mobilisation pour des conditions de travail et de salaire qui soient dignes et permettent au service public hospitalier de fonctionner. Assez des restrictions budgétaires, des primes inégalitaires, des bouts de ficelle et des “médailles” en toc : des moyens vraiment !

Les personnels du CHU à la traversée du pont de la haute chaîne...

... le ralliement au Ralliement avec les autres personnels de santé (dont le CESAME) et les salarié.e.s venus les soutenir...

... et le départ vers l’ARS par la rue d’Alsace. FO scande « Ségur imposture ! ». Une médaille en chocolat, l’arrêt des contractuel-le-s en renfort de service, un défilé le 14 juillet : voilà la politique de santé publique de Macron... À l’inverse, les personnels de santé réclament pour toutes et tous une prime Covid majorée à 1500€, une augmentation de salaire de 300€ par mois et une révision complète des grilles indiciaires.

Après le boulevard Foch et la rue de Brissac, c’est l’arrivée à la Cité administrative et devant l’ARS...

Dans toute la France, plus de 220 rassemblements se sont déroulés dans le cadre de ce qui était une journée d’action nationale organisée par une dizaine de syndicats et collectifs de soignants (CGT, FO, UNSA, SUD, Collectif inter-hôpitaux…). Relevons qu’à Angers la CFDT s’est jointe à l’appel.

Les cortèges des hospitalierEs et de leurs soutiens ont connu partout un très grand succès : près de 20 000 à Paris, près de 20 000 à Toulouse, plus de 10 000 à Lyon plus de 7 000 à Bordeaux entre 4 et 5000 à Montpellier à Tours ou à Rennes, 3000 à Angers, 2500 à Rouen, à Caen et à Besançon , 2000 au Havre, 1600 à Dijon entre 1500 et 2000 à Quimper 1000 à Toulon ou à Tarbes. Les chiffres dans les petites villes avec un petit hôpital, sont de l’ordre de plusieurs centaines (à titre d’exemple : dans le Finistère, 300 à Quimperlé, 450 à Morlaix, 200 à Douarnenez et plus d’une centaine à Concarneau ; dans les côtes d’Armor, 400 à St Malo ; dans le Var, entre 5 et 700 à Draguignan ; dans le Doubs, 1000 à Lons le Saunier et 400 à St Claude...)

Partout les taux de grévistes ont été élevés.

Partout la mobilisation a aussi concerné les EHPAD, le secteur médicosocial, a touché également les aides à domicile.

Partout les manifestations ont regroupé à la fois les personnels du soin, mais aussi celles et ceux qui les ont soutenus pendant le confinement et disent désormais dans la rue que la santé et l’hôpital doivent être une priorité pour le société et disposer des moyens nécessaires (syndicats interprofessionnels, Gilets Jaunes…)

Des exigences claires

En finir avec le manque de lits et de personnel, de salaires décents et reconnaissant leur travail pour tous les professionnels. En finir avec un fonctionnement qui met le soin au service de la gestion et non l’inverse

L’arnaque du Ségur de la santé a fait long feu, et se retourne même contre le pouvoir. Elle ne fait qu’accroitre la colère des personnels, qui après avoir été envoyés « au front » sans moyens, sans protection ont le sentiment que la chape de plomb de l’austérité et du « management » autoritaire retombe à nouveau sur les services. Un slogan résume bien l’état d’esprit : « je n’ai pas eu le COVID, mais vous m’avez transmis la rage »

Le succès de cette journée pose la question des suites, car nul ne se fait d’illusion, il va falloir frapper encore plus fort et dans la durée pour obtenir gain de cause. La date du 30, avant la période des congés circule déjà.

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Annexes :
-  Appel de l’intersyndicale santé CFDT-CFTC-CGT-FO-SUD
-  Appel de l’intersyndicale interpro CFTC-CGT-FO-FSU-Solidaires
-  Appel de la Commission nationale Psychiatrie de la CGT
-  Affichette CGT Santé

16 juin, par NPA 49