Liberté pour Vincenzo !

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Près de 300 personnes sont venues soutenir Vincenzo Vecchi devant le palais de justice d’Angers tout au long de l’après-midi de ce vendredi 2 octobre. Beaucoup portaient des masques sur lesquels était inscrit le mot « liberté ». Car la liberté pour Vicenzo est remise en cause par l’acharnement judiciaire voulu contre toute justice par l’État italien, acharnement relayé par L’État macroniste. La cour d’appel rendra sa décision le 4 novembre. Solidarité avec Vicenzo !

La cour d’appel de Rennes avait pourtant, en novembre 2019, invalidé les deux mandats d’arrêt européens (MAE) visant Vicenzo, ceux-là mêmes qui venaient de motiver son incarcération pendant trois mois [1]. En effet, les faits de violences lors de manifestations du G8 de Gênes en 2001 (où, rappelons-le, un policier abattit froidement un manifestant d’un coup de pistolet et où la répression policière fut si violente que la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a dû condamner l’État italien) et à Milan en 2006 ne sont pas établis. Si Vincenzo a été condamné en Italie à 12 ans de prison, c’est en vertu du code Rocco, édicté à l’époque mussolinienne, qui permet d’incriminer un suspect sur la seule base d’une présence là ou a eu lieu une infraction...

Mais c’était sans compter sur la sainte alliance des États dans leur œuvre de répression des militant.e.s anticapitalistes. [2] En décembre 2019, la Cour de cassation a annulé la décision de la cour d’appel et renvoyé l’affaire à Angers, où elle était jugée ce vendredi. À l’audience à Angers, l’avocat général a repris sans état d’âme l’antienne des violences qu’auraient commises Vincenzo, et ce en dépit du fait que la défense a pu montrer que, parmi les deux centaines de photographies utilisées par la justice italienne, aucune ne venait étayer sérieusement cette antienne. Pire, l’avocat général a bien précisé que la “justice”, c’était celle des États et d’eux seuls, que la justice qu’un être humain comme Vincenzo pouvait demander n’avait rien à voir avec ce monopole de l’État... [3]

Le comité de soutien de Rochefort-en-Terre avait accompagné Vincenzo et de nombreux militant.e.s angevin.e.s sont venus devant le Palais de justice pendant les trois heures d’audience, à l’issue desquelles Vincenzo est ressorti sous les applaudissements. Le comité de soutien [4] organisait ensuite à l’Étincelle une soirée de soutien avec une discussion et retour sur l’audience, un repas et des concerts avec Trio Lo’jo, DJ Set Neurofunk, avec Sïam, et Crossbreed to Hardcore, avec Kriss.

Le combat doit continuer. Vincenzo doit rester libre et à Rochefort-en-Terre où il vit désormais. Solidarité !

2 octobre, par NPA 49

[1] Le 8 août 2019, pas moins de douze policiers avaient fait irruption à Rochefort-en-Terre pour se saisir de Vincenzo qui y menait une vie paisible et appréciée...

[2] Une dernière illustration de cette sainte alliance sans principes est l’expulsion de l’opposant kurde Mehmet Yalçin vers la Turquie d’Erdoğan - et donc vers la prison, voire la mort - alors même que l’État français et l’État turc sont en pleine confrontation impérialiste en Libye, à Chypre ou en Arménie... Voir l’article de L’Humanité et le communiqué du NPA.

[3] Notons que la journaliste du Courrier de l’Ouest qui rend compte du procès endosse de façon acritique l’argumentation de l’Avocat général et “oublie” de rapporter celle des avocats de Vincenzo. L’article de Libération consacré au procès est quant à lui davantage respectueux de la teneur contradictoire des débats et de la mobilisation.

[4] Site web de l’intercomité : www.comite-soutien-vincenzo.org