Covid 19 : leur « stop and go » est un échec

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Après les mensonges gouvernementaux sur les masques, après l’absence de tests au départ de la pandémie, voilà le fiasco d’un début de vaccination parmi les plus lents d’Europe. Leur stop and go autoritaire n’a pas évité la deuxième vague.

Cette deuxième vague est suivie, non pas d’une réduction radicale de la circulation virale, qui permettrait d’isoler plus facilement les nouveaux foyers, mais d’un plateau de haut niveau à près de 15 000 contaminations par jour. Alors que les hospitalisations n’intègrent qu’à peine les contaminations de Noël et pas du jour de l’an, que la rentrée scolaire pointe son nez, qu’un froid humide va recouvrir toute la France, et qu’un nouveau variant du Covid-19 a fait son apparition, plus infectieux de 50%, y compris chez les jeunes, ce qui repose la question des protocoles sanitaires à l’école. Bloquer certains secteurs de l’économie, toute vie sociale et culturelle, puis relancer dès que possible les secteurs les plus lucratifs, au risque de relancer aussi la pandémie, est un échec. Avec la crainte d’une troisième vague !

La parole du gouvernement a perdu toute légitimité

Face à cela, il faut des embauches massives et des réouvertures de lits dans les hôpitaux et les EHPAD. En ville, plus que la peur du gendarme et des amendes, mettre enfin en place une politique de santé communautaire, combinant testage massif et ciblé, et fabrication des gestes barrières, des mesures d’isolement avec la population, les porteurs du virus, à l’image des équipes Covisam qui ont fait leur preuve en Île-de-France, et qui devraient être généralisées, ce qui n’est pas le cas faute de moyens et de volonté. L’acceptation sociale des mesures de confinement imposées, et non fabriquées avec la population, diminue, comme le montrent les rave-party du nouvel an. La parole du gouvernement a perdu toute légitimité, après ses mensonge sur le Covid, mais aussi ses attaques sociales, les violences policières dont il s’est rendu coupable. Sans solution à la crise sanitaire, et donc lutte pour ces solutions, le « vivre avec le virus » est une impasse, avec des confinements, une crise économique et sociale qui dureront plus longtemps. Les travailleurEs de la santé, et surtout les premierEs de corvée, sont les plus touchés par le Covid, car ils et elles sont plus exposés, ont des revenus plus précaires rendant l’isolement plus difficile, vivent dans de plus petits logements, et sont en moins bonne santé que la population générale. Il faut conjuguer la lutte contre le Covid avec la lutte pour l’ensemble des droits, au logement, à la réduction du temps de travail, au revenu garanti, au dédoublement des classes... Avec la lutte contre le racisme et pour la régularisation des sans-papiers, la lutte pour les droits des femmes. Une autre société est nécessaire

Espoir du côté des vaccins ?

Oui, mais s’il faut la liberté de vaccination, il faut surtout un choc de confiance qui passe par la rupture de tous les liens d’intérêts entre les experts et les labos, mais aussi par la réquisition des trusts de la vaccination, de leurs brevets, pour fournir urgemment ce bien public à toute l’humanité. Une vaccination inégalitaire sur le plan géographique et social, reflet des relations impérialistes et du manque de justice sociale, c’est pour touTEs le risque de nouveaux variants, plus contaminants et demain à la mortalité plus élevée ou échappant aux vaccins.

Le 27 décembre, Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, lançait un appel pour la première journée internationale de préparation aux épidémies. La pandémie à coronavirus ne sera pas la dernière et les tentatives pour améliorer la santé humaine sont « vouées à l’échec » si on ne s’attaque pas au changement climatique et à la question du bien-être animal. « Nous jetons de l’argent sur une épidémie et quand elle est terminée, nous ne faisons rien pour empêcher la suivante ».

Dans une perspective écosocialiste, nous devons lutter pour que les milliards dépensés face au Covid, pour garantir les salaires, un peu, et les profits, beaucoup, ne servent au total qu’à relancer la société du profit, et donc du risque pandémique aggravé. Nous devons exiger que cet argent serve à bâtir une société décarbonnée qui lutte contre le réchauffement climatique, la déforestation, respectueuse de la nature et de la biodiversité. À bâtir une société d’égalité sociale, de droit à la santé basé sur la participation des usagerEs et citoyenEs, mais aussi de solidarité internationale, car les virus ignorent les frontières. Leur “stop and go” est un échec, “let’s stop and move” vers une société écosocialiste !

Commission santé sécu social du NPA (07/01/2021)

7 janvier, par NPA 49