Un millier d’Angevins contre l’extrême droite et pour la PMA pour toutes !

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Alors que la manifestation régionale à Angers des catholiques intégristes contre le droit à la PMA n’ a guère réuni, au plus, que 950 personnes selon la presse (au lieu des 1500 prévues par les organisateurs), ce sont environ 1000 Angevin.e.s - dont beaucoup de jeunes - qui ont à l’inverse manifesté pour un véritable droit à la PMA pour toutes. En même temps, ielles ont dénoncé l’attaque de l’extrême droite contre le local associatif de L’Étincelle, celle plus ancienne contre le local de l’association LGBTI Quazar, et l’agression récente contre un couple lesbien.

La manifestation qui est partie de la place du Ralliement ce samedi après-midi, est passée devant la mairie d’Angers, a fait une halte devant le Palais de justice avant de se diriger vers la Doutre via la rue du Mail et la place Imbach avait un double objectif : contrer symboliquement le rassemblement régional des intégristes qui veulent dénier aux femmes seules et aux couples lesbiens le droit à la procréation médical assistée (PMA), et dénoncer les agissements récurrents des nazis angevins, jusqu’ici largement impunis, et notamment le saccage de L’Étincelle au début du mois. À beaucoup d’égards, les deux combats sont liés. L’extrême droite est une composante essentielle de la mouvance de « La Manif pour tous » et les attaques répétées contre les militant.e.s de gauche, les personnes LGBTI et/ou racisées qui ont eu lieu à Angers sont l’œuvre de nervis nazis parfaitement connus mais qui bénéficient d’une clémence coupable de la part de L’État et de la municipalité.

C’est à juste titre que, peu avant le départ de la manifestation, le représentant de Quazar a dénoncé les récents propos du maire d’Angers qui renvoyaient dos-à-dos des militant.e.s de gauche et antifascistes et les nazis angevins alors même que ceux-ci se parent de symboles de la SS, organisation classée comme criminelle en droit international. [1] Avec de tels amalgames injurieux, le maire d’Angers se rend-il compte qu’il minimise et banalise le danger fasciste ? Consciemment ou non, de fait, il lui ouvre la voie.

Les enjeux de la loi sur la PMA

À partir du 2 février l’extension de la PMA, la procréation médicalement assistée aux couples de femmes et aux femmes seules passera en deuxième lecture au Sénat. La PMA faisait partie des promesses de campagne de Hollande puis de Macron. Mais dans cette période de montée de la réaction, les différents gouvernements Hollande et Macron ont cédé maintes fois aux réactionnaires et à l’extrême-droite. Il a fallu attendre des années et la loi en discussion au parlement s’annonce d’ores et déjà insatisfaisante et inégalitaire.

Une loi inégalitaire !

Si cette loi passe, elle ouvrira effectivement la possibilité aux couples lesbiens et aux femmes seules d’avoir accès à la PMA mais cela se fera dans le cadre d’une loi qui est foncièrement inégalitaire par rapport aux couples hétéros. Cette loi est inégalitaire à plusieurs niveaux. Elle exclut les personnes trans montrant une nouvelle fois le visage de la transphobie d’État. Au niveau de la filiation, il y aura une amélioration puisqu’il n’y aura plus besoin de passer par l’adoption, mais on demandera aux couples lesbiens de faire une déclaration conjointe devant le notaire, contrairement aux couples hétéros qui n’ont besoin que d’aller en mairie... Non seulement cette procédure est discriminante mais elle sera en plus coûteuse !

De plus, comme en première lecture, le Sénat défend le non-remboursement des PMA pour les couples lesbiens et les femmes seules. Cet amendement du Sénat est très grave, car il faudrait alors avoir des revenus importants pour avoir accès à la PMA. En plus de son caractère homophobe, il introduirait une flagrante discrimination de classe. Dans la vision ultra-réactionnaire qui anime les sénateurs LR majoritaires conduits par l’ex-villiériste B. Retailleau, les femmes lesbiennes ne seraient pas infertiles et donc ne “mériteraient” pas le remboursement auquel les femmes hétéros auraient droit. Il y a donc pour les sénateurs LR une volonté de “montrer” que si tout couple hétérosexuel a bien un droit à l’enfant, ce serait un “luxe” pour une femme seule ou un couple de femmes : elles devraient le payer elles-mêmes ! Pourtant la PMA n’a jamais eu pour vocation de soigner l’infertilité. Elle permet d’avoir des enfants pour les couples qui ne peuvent pas en avoir : que cette infertilité soit pathologique ou non.

En finir avec la famille patriarcale !

Dans cette société capitaliste, la famille hétérosexuelle patriarcale est une institution qui opprime largement les femmes et les LGBTI. Ce type de famille-là, celui-là même que défendait la manifestation intégriste du jour, nous n’en voulons pas. Nous voulons construire d’autres types de familles qui permettent l’épanouissement de toutes et tous. Le NPA réclame tout de suite et sans conditions :
-  la PMA pour toutes, y compris pour les personnes trans ;
-  que celle-ci se fasse à égalité dans tous les aspects que ce soit sur la filiation ou sur le remboursement par la sécurité sociale.

30 janvier, par NPA 49

[1] Petit florilège des déclarations du maire d’Angers lors du conseil municipal du 25 janvier : « Ceux qui prêchent la haine de l’autre (sic) par rapport à son compte en banque ou sa classe sociale, c’est aussi de la violence (...) Notre détermination à dénoncer LES extrémismeS est totale. » C. Béchu évoque aussi le faible score du RN à Angers pour se dédouaner, oubliant opportunément que plusieurs membres éminents de son équipe municipale sont issus de l’extrême droite catholique... (CO du 26/01/2021, p.7) En revanche, il n’explique pas pourquoi la mairie d’Angers a attendu deux semaines pour porter plainte contre le saccage d’un local qui pourtant lui appartient.