Culture, lois “sécurité globale” et “séparatisme” : mobilisations à Angers

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Le week-end des 20-21 mars a été marqué par des mobilisations en défense de la culture, mais aussi contre les lois liberticides dites de “sécurité globale” (LSG) et “séparatiste”. À Angers, la culture a mobilisé environ 350 personnes le samedi et, en les additionnant, autant de soutiens se sont mobilisés les samedi contre la LSG (place du Ralliement, à l’appel du Collectif 49 pour les libertés démocratiques) et dimanche contre la loi « séparatiste » et le racisme (place Jean XXIII, à l’appel du Front contre l’islamophobie et pour l’égalité des droits pour tou.te.s en lien avec la Journée contre le racisme et les violences policières).

La mobilisation pour la culture, marquée par une manifestation depuis Le Quai jusqu’au rassemblement final devant le Grand Théâtre, place du Ralliement, a été un succès numérique (350 personnes) et un témoignage de vitalité. La présence d’un petit orchestre et les nombreuses affichettes en ont témoigné. Le manque de revendications clairement politiques laissait pourtant un goût d’inachevé. De plus, il transparaissait clairement - notamment au travers des textes des affichettes - que, hormis le monde du théâtre, tous les secteurs de la culture ne s’étaient pas mobilisés. Le monde du chant, par exemple, n’apparaissait pas. Celui du cinéma restait en, retrait. Le malaise profond du secteur de la culture doit pouvoir se manifester de façon encore plus forte. Face à un gouvernement qui “bricole” de façon incohérente, est incapable d’anticiper quoi que ce soit, mais dont l’objectif reste de préserver les intérêts des grands groupes, il faut organiser une riposte en coordination avec le mouvement social dans son ensemble. À cet égard, la fin de la manifestation pour la culture, marquée par un départ quasi-général de la place juste avant la manifestation contre la LSG, ne fut pas la plus grande réussite de cette journée, car le recul des libertés nous concerne toutes et tous, et en particulier la culture...

La manifestation contre la loi de sécurité globale fut plus traditionnelle, avec ses porte-parole des différentes associations et organisations démocratiques et sociales, avec ses militant.e.s connu.e.s, mais très peu de jeunes. Est-ce parce que l’appel fut (indubitablement) lancé trop tardivement à l’échelle locale ? Est-ce un effet démobilisateur de l’état d’urgence sanitaire et du matraquage médiatique sur la Covid-19 ou « l’islamo-gauchisme » ? Est-ce une conséquence de la répression policière systématique qui frappa les manifestations parisiennes de la fin 2020 et qui aurait réussi à décourager les manifestant.e.s ? Quoi qu’il en soit, la mobilisation ne fut pas à la hauteur des de mobilisations précédentes sur le même sujet, et surtout face aux enjeux, face à une loi en discussion au sénat qui marque une nouvelle étape dans le glissement de L’État français vers un État autoritaire fondé sur l’arbitraire policier. À Angers, Pas Sans Nous 49 avait été la première association à appeler le samedi, et appelait également le dimanche à La Roseraie. Elle fut la première à s’exprimer, non seulement contre la LSG mais aussi contre la loi “séparatiste” (dite “loi confortant le respect des principes de la République”) qui remet en cause la neutralité de l’État vis-à-vis des religions établie par la loi laïque de 1905. En effet, ces deux lois sont les deux faces d’une même médaille liberticide et surfant sur le racisme qui s’exprime contre la population originaire de pays musulmane (de plus en plus ouvertement dans certains médias, plus insidieusement dans d’autres). Une analyse de l’amalgamant “islamo-gauchiste” utilisé par les deux ministres de l’éducation pour mettre en place une police de la pensée dans les universités fut faite assez longuement par un militant de PSN49. Outre que cette attaque vise à détourner l’attention de l’incapacité des dits ministres à gérer la crise sanitaire, il importe de souligner le fait que ce n’est pas “islamisto” qui pose la première brique de l’amalgame, mais “islamo” : l’amalgame ne vise donc pas quelques fanatiques marginaux mais la population musulmane toute entière. Après les autres prises de parole, les quelques 300 militant.e.s partirent pacifiquement en manifestation dans le centre ville en passant par les boulevards. En passant devant la préfecture et ses camions de gardes (im)mobiles, ielles purent remarquer un gendarme les filmant consciencieusement, alors même qu’aucun incident n’était survenu ni même susceptible de survenir. L’État policier est déjà là... Mais le combat continue.

21 mars, par NPA 49