Angers : 750 pour les libertés et contre les idées d’extrême droite

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En dépit des entraves posées par la préfecture (changement de lieu de rassemblement imposé au dernier moment) et de la campagne d’intox du maire d’Angers (agitant le spectre de “violences” entre les “extrêmes” pour décourager les manifestant.e.s), ce sont 750 personnes qui, dans l’après-midi du samedi 12 juin, ont parcouru pacifiquement et avec détermination les rues du centre ville d’Angers, pour les libertés et contre les idées d’extrême droite.

Tout ça pour ça ? Le prétexte pris par la préfecture pour imposer, jeudi 10 juin, un changement de lieu de rassemblement de la manifestation angevine pour les libertés et contre l’extrême-droite était l’annonce d’un rassemblement de deux groupuscules (“Les Patriotes” et “Via”) au lieu prévu, la place du Ralliement (voir notre communiqué : La préfecture vote pour l’extrême droite). Comme c’était prévisible, le rassemblement fasciste n’a rassemblé qu’une poignée d’individus (20 selon Ouest-France), mais celles-ci étaient sans doute plus recommandables pour la préfecture que des syndicalistes de la CGT, de la FSU ou de Solidaires... Le lendemain, vendredi 11 juin, le maire d’Angers, C. Béchu, s’est fendu de déclarations délirantes devant la presse régionale (que celle-ci a généreusement pris soin de couper dans son édition papier, ne conservant que les propos prétendument “raisonnables”). Là l’objectif était clair : il fallait faire peur et revendiquer l’interdiction de manifester sur la place du Ralliement au nom de la “liberté d’entreprendre” du petit commerce. La marche pour les libertés, très largement unitaire, est devenue dans sa bouche, dissimulant mal son mépris de classe, une manifestation “du NPA”, afin d’agiter le danger d’affrontements entre cette manifestation et celle de “l’ultra-droite” (voir notre communiqué : Amalgames et attaques contre le droit de manifester : M. Béchu se dévoile). Il est assez comique que ce danger de “violences” ait été repris jusque dans la presse nationale. Et sans doute, la manipulation à laquelle s’est livré C. Béchu a en partie fonctionné. Les exemples de salarié.e.s qui ont renoncé à venir semblent malheureusement exister. Mais la manifestation fut néanmoins une réussite.

Elle fut une réussite par son caractère unitaire, associant un large spectre de syndicats, associations et partis de gauche. Et aussi parce que les 750 manifestant.e.s ont tenu bon face aux intimidations de L’État français et de ses relais locaux. Enfin, le combat contre l’extrême droite s’est affirmé dans toutes ses dimensions. L’affaire de l’Alvarium était évidemment dans toutes les têtes, mais le combat contre les idées de l’extrême droite est bien plus large que la nécessité de se protéger contre quelques nervis. Les idées de l’extrême droite se sont répandues dans tous les partis bourgeois et au gouvernement. Et même si de temps en temps le Conseil constitutionnel ou le Conseil d’État posent quelques limites à la dérive autoritaire du macronisme, les atteintes aux libertés sont légion, notamment contre la liberté de manifestation. Il est symptomatique que dans son interview à la presse locale, le maire C. Béchu ne la défend pas : il se contente de noter, visiblement à regret, qu’elle “existe” ! Le même maire qui ne fait quasiment rien contre les exactions de l’Alvarium et abrite dans son équipe des anciens membres du groupuscule intégriste “Sens Commun”... Le combat contre les idées d’extrême droite est donc un combat essentiel pour l’avenir de notre société, et il est lié aux mobilisations sociales qui pourront se développer dans l’avenir. Face à un monde capitaliste qui précipite le monde dans le chaos social et écologique, et qui est prêt à recourir à l’autoritarisme et au fascisme pour continuer sa course folle, tout est à construire !

12 juin, par NPA 49