Une gifle contre le système, une alternative anticapitaliste à construire

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Dimanche 20 juin 2021, le premier tour des élections régionales est apparu comme le reflet, certes déformé, de la situation sociale et politique du pays, à commencer par une abstention historique (plus de 65% et même 70% en Pays-de-la-Loire !) nourrie par les colères sociales de ces dernières années…

Abstention contre un système cramé

À peine un électeur et une électrice sur trois sont allés voter (contre un.e sur deux lors des régionales précédentes...). Cette abstention atteint même 87% dans la catégorie des 18-24 ans ! Cette abstention massive touche largement les milieux populaires. C’est peu dire que l’enjeu de ces élections est apparu comme décalé par rapport à la réalité de nos vies.

À travers cette abstention historique, c’est la crise politique qui travaille depuis longtemps le système de ceux d’en haut qui a éclaté, illustrant leur illégitimité à diriger la société. Aussi, il y avait vraiment de quoi avoir envie de casser sa télévision dimanche soir en entendant tous ces politiciens professionnels y aller de leur couplet de morale civique et citoyenne, faisant mine de ne pas comprendre que c’est bien eux et leur système qui sont d’abord sanctionnés, et que c’est leur campagne sondagière, totalement hors sol sur le terrain de l’insécurité, qui est avant tout rejetée.

Macron giflé, le danger réactionnaire toujours là !

Dans un tel contexte, les grands perdants de cette soirée électorale sont les dignes représentants du macronisme. Symbole de cette déroute (qui les conduit en moyenne à 11% des suffrages exprimés, soit moins de 4% des inscrit.e.s), l’ancien responsable de la réforme de retraites contre laquelle nous nous sommes battus à l’hiver 2019-2020, Laurent Pietraszewski, n’accède même pas au second tour dans les Hauts-de-France, cela malgré le soutien appuyé de deux barons, Dupond-Moretti et Darmanin…

La route prise par Macron et ses représentants n’a — fort heureusement — pas ouvert la voie au danger de la prise de contrôle de plusieurs régions par le Rassemblement national. En tête dans six régions il y a six ans, il ne l’est que dans une seule (en PACA), passant de 28% à 19% à l’échelle nationale. Mais c’est déjà trop, et la menace demeure, qui appelle vigilance et mobilisations, notamment le 3 juillet lors du congrès du RN à Perpignan.

L’arbre un peu vacillant mais toujours présent du RN ne doit pas cacher la forêt réactionnaire de la droite dite « classique », qui lui dispute le plus souvent ses thèmes traditionnels de campagne (la sécurité, l’immigration, bref le racisme...). Droite, droite extrême ou extrême droite… bien malin qui peut en toute clarté en saisir toutes les nuances.

Dans la rue et les urnes, pour une alternative anticapitaliste

Totalement unie en particulier dans les Hauts-de-France et en PACA (moins la FI), tout le panel des combinaisons possibles de la gauche institutionnelle était représenté dans ces élections. L’abstention massive a entraîné une prime aux sortants, avec toutefois un PS qui reste affaibli et contesté par la percée d’EÉLV. Mais de façon globale, y compris quand les listes étaient marquées par une certaine radicalité, les résultats restent faibles.

Les élections ne sont pas le terrain de prédilection du monde du travail. Pour défendre nos intérêts, pour nous représenter nous-mêmes, tout reste à faire. À commencer par construire les mobilisations pour mettre fin aux licenciements et aux suppressions de postes, pour défendre nos droits face aux attaques liberticides, pour résister à l’offensive raciste et islamophobe, pour combattre le prétendu « capitalisme vert » et exiger la justice climatique, pour porter une véritable égalité des droits…

Mettre à poubelle l’idéologie et le programme commun des classes dirigeantes et des partis à leur service contre la classe travailleuse. Exprimer nos intérêts sociaux, démocratiques et écologiques. Nous organiser. Des grèves et manifestations jusqu’aux urnes, c’est la voie — anticapitaliste et révolutionnaire — que le NPA souhaite tracer ces prochains mois, modestement mais fermement.

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Pays-de-la-Loire : un boycott des urnes !

Les élections régionales du 20 juin 2021 en Pays de la Loire ont été le reflet du national. Seulement 29,31% (813.317 voix) des 2.775.346 électeurs et électrices se sont exprimé.e.s (30,73% de votant.e.s, mais 4,65% de votes blancs ou nuls). En tête, la droite de Morançais obtient les voix de 10,05% des inscrit.e.s (34,29% des exprimé.e.s) devant les listes EELV/LFI de Matthieu Orphelin (5,48%/18,70%) et PS+satellites de Guillaume Garot (4,78%/16,31%) qui vont fusionner (total : 10,26%/35,01%). Viennent ensuite le RN (3,67%/12,53%), LREM (3,51%/11,97%) et trois listes éliminées d’emblée du 2e tour : DLF (0,87%/2,96%), LO (0,77%/2,63%) et une liste ésotérique (0,18%/0,60%). La crise de légitimité est patente. La fragmentation de l’électorat et la déshérence politique de la classe travailleuse ne sont pas nouvelles mais ne font que d’accentuer. Les partis de la gauche et de l’écologie institutionnelles sont incapables de proposer autre chose que ce que font déjà les droites et extrêmes droites, tandis que la gauche anticapitaliste ne paraît pas pouvoir former une alternative. D’où une abstention qui s’apparente de plus en plus à un boycott du système électoral bourgeois. La construction d’un mouvement écosocialiste révolutionnaire n’en est que plus nécessaire !

21 juin, par NPA 49