Crise sanitaire, reculs sociaux : Macron veut passer en force !

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Un an et demi après le début de l’épidémie, Macron est fidèle à lui-même et sa « méthode ». N’ayant une nouvelle fois rien voulu voir venir, le président, confronté à la rapide montée en puissance d’une « 4e vague » de l’épidémie de Covid-19, a été incapable dans son allocution lundi soir d’apporter d’autres solutions que les recettes autoritaires et inefficaces qui n’ont pas fonctionné depuis un an. Au-delà du blabla en « hommage » au personnel de santé ou de l’éducation, ses annonces s’inscrivent dans la droite ligne de la gestion brutale et catastrophique de la crise sanitaire.

Détourner l’attention des responsabilités du gouvernement

La vaccination est bien un enjeu décisif pour sortir de cette pandémie, et tout doit donc être fait pour la faciliter, en allant au devant de celles et ceux qui ne peuvent pas se vacciner ou ne sont pas encore convaincu.e.s. Il faut aussi imposer à ceux qui gouvernent le monde la levée des brevets et la réquisitions des entreprises pharmaceutiques, pour une vaccination universelle sans laquelle la répétition de « vagues », de plus en plus contagieuses et virulentes, est inéluctable.

Mais la méthode macroniste, c’est tout l’inverse : vaincre au lieu de convaincre... Reniant à nouveau sa propre parole, Macron a annoncé l’obligation pour les personnels des hôpitaux et des EHPAD de se faire vacciner. Les récalcitrant.e.s seront pointé.e.s du doigt comme responsables des contaminations, s’exposant à des sanctions. « À partir du 15 septembre, si vous êtes soignant et que vous n’êtes pas vacciné, vous ne pourrez plus travailler et vous ne serez plus payé », a ainsi déclaré Olivier Véran. Hier « héros » applaudis, aujourd’hui responsables des mort.e.s et de la poursuite de cette épidémie ?

En stigmatisant les soignant.e.s, Macron, Véran et cie espèrent détourner l’attention de leurs propres responsabilités dans la remontée de l’épidémie, et dans le délabrement d’un système hospitalier encore moins capable de faire face, faute de personnel et de moyens à cette 4e vague. Leurs promesses de moyens supplémentaires pour les hôpitaux et les EHPAD sont restées du vent, les conditions de travail se dégradent, et le management autoritaire et répressif des directions a repris de plus belle, provoquant écœurement, démissions, et parfois défiance à l’égard des consignes, y compris celle de la vaccination.

La casse sociale toujours au programme

L’extension du Pass sanitaire à beaucoup de lieux de vie en août relève de la même « méthode », celle de la contrainte, voire du passage en force. Tout cela n’est que la continuation de la façon autoritaire dont Macron veut aussi nous imposer une série de reculs sociaux. Ainsi, vantant « notre modèle […] fondé sur le travail et le mérite » (!), le PDG de la République française a affirmé que la réforme de l’assurance chômage sera pleinement mise en œuvre dès le 1er octobre, alors même que celle-ci, largement rejetée et retoquée à deux reprises par le Conseil d’État, était encore combattue il y a quelques semaines, en particulier par le secteur de la culture, et que l’on sait que, d’ores et déjà, un chômeur et une chômeuse sur deux ne sont pas indemnisés ! Pour la suite, mais sans s’engager sur le calendrier, Macron a aussi indiqué qu’il y aura bien une réforme des retraites dès que la situation sanitaire le permettra, fixant un objectif-— « l’âge de départ doit être plus tardif » — prétendument pour « offrir une pension digne » !

« À la rentrée nous aurons rendez-vous avec notre avenir », conclut Macron. Chiche ! Mais c’est bien dans la rue que se scellera d’abord le sort de sa politique, tant l’incurie de ses mesures contraignantes en matière de santé publique que sa volonté de mettre en œuvre l’agenda capitaliste. C’est aussi ce que nous porterons dans les urnes avec la candidature anticapitaliste et révolutionnaire de Philippe Poutou à l’élection présidentielle, pour affirmer haut et fort que ce système est incapable de résoudre les grands problèmes de l’humanité et ne fait qu’en créer de nouveaux.

13 juillet, par NPA 49