Faire entendre une gauche de rupture anticapitaliste

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Autour de LFI, d’EÉLV, du PCF... et du PS, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) a été lancée le week-end dernier. Après plusieurs rencontres, le NPA a décidé de ne pas y participer, en raison des concessions trop importantes qui y ont été faites au PS et de façon plus générale au social-libéralisme.

Nous nous étions engagés dans les discussions avec l’Union populaire de Jean-Luc Mélenchon en raison des enjeux de la période : une polarisation entre, d’une part, un très dangereux bloc d’extrême droite et, d’autre part, un bloc de gauche autour de Mélenchon, avec en outre un troisième bloc, en équilibre instable, autour de Macron et ses politiques ultralibérales et autoritaires.

Les résultats de la présidentielle montrent que les luttes sont fragmentées, défensives… et souvent défaites. Actuellement, la contestation des politiques libérales se fait essentiellement par ces processus électoraux, et peu par la mobilisation.

Nous avons donc cherché un accord autour d’un programme minimum correspondant à une rupture avec les politiques pro-capitalistes actuelles. Même s’il conserve des limites importantes, celui de la Nupes serait un progrès sur le Smic, les retraites, l’écologie, les droits des femmes, la répression policière, etc.

Le PS au détriment du NPA

Hélas, les négociations ont échoué. Au départ, le PS devait être écarté... Il a finalement été intégré, et la place qui lui a été laissée (tant au niveau du programme que des circonscriptions) change la nature du projet initial. La volonté affichée par l’Union populaire d’être majoritaire à tout prix, la force des institutions de la Ve République et le rapport de forces dégradé, ont poussé à des compromis, à se lier à des forces connectées au capitalisme, comme le PS avec, dans ses bagages, des candidats libéraux...

Pourtant, les processus de recomposition à gauche sont plus que jamais en cours, avec des crises et même des ruptures au sein du PS, mais aussi des clarifications qui s’opèrent. De nombreuses et nombreux militant·e·s ont ainsi dénoncé la part belle faite au PS au détriment du NPA ou des collectifs de quartiers populaires comme « On s’en mêle ».

Malgré ces désaccords et vu les enjeux importants, le NPA va mener campagne pour permettre une défaite de l’extrême droite et de Macron dans les prochaines élections, et permettre si possible la victoire de cette gauche, dont les ruptures sont inabouties mais réelles avec les politiques menées par Jospin ou Hollande. Ce serait aussi un encouragement aux luttes sociales.

Se mobiliser pour changer radicalement la société

C’est la raison pour laquelle nous appelons à voter et soutenons, y compris de façon militante, les candidat·e·s de gauche de rupture de la Nupes, face auxquels nous ne présentons pas de candidat·e·s. En Maine-et-Loire notamment, cela vaut pour les circonscriptions 1 à 6. [1]

Dans d’autres circonscriptions, là où les conditions sont réunies, le NPA cherche, face à des candidats labellisés Nupes mais incarnant une continuité avec le social-libéralisme (en particulier ceux issus du PS), à faire entendre une alternative, avec des candidatures unitaires, issues du monde du travail et des quartiers populaires, représentant une gauche de combat, indépendante des institutions et du social-libéralisme.

Outre les enjeux directement électoraux, nous souhaitons que cette campagne serve à tisser des liens avec les forces – dans la Nupes et dans l’ensemble de la gauche sociale et politique – qui estiment que le changement réel passe par les mobilisations. Montrer qu’une autre voie est possible, celle de la rupture révolutionnaire avec le capitalisme, au côté de celles et ceux qui veulent reconstruire un espoir pour faire face à l’extrême droite et à Macron, pour changer radicalement le monde.

10 mai, par NPA 49

[1] Les candidatures de la NUPES en Maine-et-Loire sont les suivantes :
-  1e (Angers nord) Générations : Arash Saeidi (conseiller municipal et régional)
-  2e (Angers sud) LFI : Caroline Bessat et Déborah Foloppe, suppléante (35 ans, développeuse d’applications) ;
-  3e (Saumur nord) REV (Révolution écologique pour le vivant) : Véronique Roudévitch ;
-  4e (Saumur sud) PCF : Caroline Rabault (48 ans, agente polyvalente au lycée Carnot-Bertin de Saumur) et Catherine Leloup-Cotin, suppléante (57 ans, Cholet).
-  5e (Cholet) LFI : Christophe Airaud (58 ans, professeur des écoles, syndicaliste) et Élisabeth Allain, suppléante (64 ans, retraitée de l’enseignement privé).
-  6e (Angers Mauges) LFI : Tassadit Amghar (52 ans, maîtresse de conférences en informatique à l’Université d’Angers, syndicaliste), et Éric Verneau, suppléant (50 ans, professeur d’histoire-géographie au collège Camille-Claudel, à Val-d’Erdre-Auxence).
-  7e (Angers Segré) PS : Guillaume Jouanneau, conseiller d’entreprise à la chambre d’agriculture des Pays de la Loire.